Maladies neuro-dégénératives et manger-mains

Sommaire

Les démences et maladies neurodégénératives

Maladies neurodégénératives :

  • Maladies chroniques progressives qui touchent le système nerveux central.
  • Impact très important sur la qualité de vie des personnes atteintes ainsi que sur celle de leurs proches et de leurs aidants.
  • Traitements disponibles : uniquement symptomatiques et d’efficacités variables.

Estimation en France :

  • Plus d’un million de personnes touchées par la maladie d’Alzheimer et autres démences ;
  • Environ 160 000 personnes traitées pour la maladie de Parkinson.

Démence :

  • Pathologie chronique définie par l’apparition de troubles cognitifs pouvant concerner la mémoire, la pensée, la parole, l’exécution des actes et affecter le comportement social.
  • La plus fréquente des démences est la maladie d’Alzheimer, mais il existe d’autres types de démences : démence à corps de Lewy, démences vasculaires, maladie de Pick…
  • La démence de la maladie de Parkinson est caractérisée par le développement de corps de Lewy chez les personnes atteintes de la maladie de Parkinson.

Maladie de Parkinson

Définition : Maladie neurodégénérative associant une akinésie, une hypertonie musculaire et un éventuel tremblement de repos.

  • 2 signes cliniques majeurs :
    • L’akinésie : faible quantité d’activité motrice (les mouvements sont rares et lents).
    • L’hypertonie musculaire : se manifeste par une rigidité des bras si l’on essaye de les plier au patient.
    • Le tremblement est un signe inconstant : il s’agit d’un tremblement de repos, généralement atténué lors de la réalisation d’un mouvement volontaire, et au contraire augmenté lors d’un effort cognitif.

Prise en charge nutritionnelle : L’alimentation sera normo-énergétique. Aucun « régime spécial » n’est à prévoir sauf en cas de certains troubles suivants :

  • Troubles du transit intestinal : la constipation est fréquente à cause de la diminution de l’activité physique, de la prise de médicament et de la diminution du péristaltisme intestinal.
  • Objectifs : augmenter les apports en fibres et veiller à une hydratation suffisante (1 à 1,5 L d’eau/j).
  • Troubles de la déglutition : une mauvaise synchronisation des muscles de déglutition peut conduire à une « fausse route ».
  • Objectifs : préserver une alimentation si le risque de « fausses routes » est faible.
  • Conseils :
    • Préférer les boissons fraîches et gazeuses pour favoriser le réflexe de déglutition ;
    • Si les fausses routes sont trop importantes, l’utilisation de gélifiant pourra être conseillée ;
    • Préparer des plats en sauce, à texture mixée, tendre, pour en faciliter l’ingestion ;
    • Manger lentement en prenant le temps de mastiquer.
  • Candidose buccale : des ulcérations au coin des lèvres peuvent apparaître à cause des traitements et provoquer des difficultés à manger.
  • Conseils :
    • Boire régulièrement par petites gorgées (ou utilisation d’eau gélifiée si nécessaire) ;
    • Éviter les plats épicés ;
    • Éviter les aliments trop chauds et préférer les plats tièdes ;
    • Privilégier des plats aqueux, tels que les produits laitiers, fruits, sorbets…
  • Dénutrition : elle peut être induite par la réduction des apports alimentaires (troubles de la déglutition, troubles de la motricité, candidoses buccales, etc.).
  • Objectif : réaliser un apport suffisant en énergie (30 à 40 kcal/kg PC/j) et en protéines (1,2 à 1,5 g/kg PC/j) en privilégiant les protéines à haute valeur biologique.
  • Conseils : enrichissement des plats sans augmenter le volume, utilisation de produits hyper énergétiques et hyper protidiques.

Maladie d'Alzheimer

Définition : Maladie neurodégénérative caractérisée par une perte progressive de la mémoire et de certaines fonctions intellectuelles (cognitives).

Signes cliniques : Les symptômes évoluent dans le temps et sont variables d’un individu à l’autre. La maladie est diagnostiquée lorsque les troubles de la mémoire (ou amnésie) s’accompagnent d’au moins un des troubles suivants :

  • Des troubles du langage (aphasie) voire de l’écriture
  • Des troubles de la gestuelle (apraxie)
  • Des troubles de la reconnaissance des objets ou des personnes (agnosie)
  • Des problèmes d’orientation dans le temps et dans l’espace
  • Des changements de comportement et d’humeur et des troubles de sommeil
  • Des troubles des fonctions exécutives, c’est-à-dire la perte de la capacité à adapter son comportement à un contexte donné.

Prise en charge nutritionnelle : Les patients peuvent présenter une dénutrition sévère liée à une alimentation insuffisante (oubli de s’alimenter, anorexie, dépression). Il est recommandé de proposer une prise en charge nutritionnelle orale à toutes les personnes âgées atteintes de maladie d’Alzheimer qui présentent une perte de poids.

  • Objectifs : Augmenter l’apport énergétique (30 à 40 kcal/kg/j) et protidique (1,5 g/kg/j) de façon à lutter contre la dénutrition et favoriser le maintien d’un équilibre staturo-pondéral ;
  • Diminuer les facteurs de risque de la maladie et des démences associées en privilégiant les acides gras essentiels et les oméga 3. L’apport en lipides est de 35 à 40 % de l’apport énergétique total.
  • Lutter contre la constipation en augmentant la ration de fruits et de légumes pour assurer un apport minimal de 30 g/j de fibres et au moins 1,5 L d’eau par jour.
  • Pallier les déficits en vitamines et minéraux qui accentuent la fatigue et diminuent les capacités physiques :
    • Calcium : 1 200 mg/j, 3 à 4 fois de produits laitiers par jour
    • Vitamine D : 10 à 15 μg, présent dans les poissons gras.

Conseils :

  • Fractionner l’alimentation et favoriser les repas en petit volume.
  • Prévoir une collation en soirée.
  • Enrichir les plats.
  • Proposer des CNO (Compléments Nutritionnels Oraux).
  • Adapter la texture des repas de façon à pallier les problèmes de déglutition.
  • Stimuler l’appétit du malade en proposant des plats variés, colorés, appétissants.
  • Proposer au patient des aliments pouvant être pris à la main (technique du « manger-mains ») sous forme de gâteaux, gelées, boulettes, cakes…
  • Créer une atmosphère rassurante et apaisante lors du repas.
  • Adapter les contenants (assiettes à rebords, couverts adaptés, tasse à grosses anses, paille…).

Adaptation du mode d'alimentation : le manger-mains

Définition

Le « finger food » ou manger-mains est un mode d’alimentation pour les personnes qui ont des difficultés à manger avec des couverts, et qui a pour but de lutter contre la dénutrition et de contribuer au maintien de l’autonomie. Le manger-mains peut être proposé aux personnes :

  • Ayant des difficultés à reconnaître les couverts (l’agnosie)
  • Ayant des difficultés d’utilisation des couverts (l’apraxie)
  • Souffrant de tremblements
  • Refusant l’aide aux repas
  • Ayant des difficultés à rester à table (déambulation)

Il s’agit principalement de personnes :

  • Atteintes de pathologies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer et la maladie de Parkinson
  • Mais aussi des victimes d’accidents vasculaires cérébraux ou de traumatismes crâniens, en situation de handicap moteur, de déficience visuelle partielle ou totale…
Objectifs
  • Proposer un accompagnement plus personnalisé
  • Préserver l’autonomie lors du repas & favoriser la confiance en soi
  • Couvrir les besoins nutritionnels & lutter contre la dénutrition
  • Conserver le plaisir de manger & améliorer l’appétit
Spécificités du manger-mains

2 types de manger-mains :

  • En texture entière (quiche, toast, bâtonnet, boulette…) pour les personnes sans problème de mastication.
  • En texture modifiée pour les personnes avec des problèmes de mastication. La texture doit être adaptée, c’est-à-dire que la bouchée peut être hachée ou mixée puis liée.

Les bouchées doivent être :

  • Appétissantes, avec un goût identifiable et bon
  • Variées en couleurs et en formes pour rendre le repas attrayant
  • Faciles à enrichir
  • Non salissantes
  • Faciles à attraper avec les doigts (non fondantes, non friables…)
  • Pas trop chaudes pour éviter les brûlures
  • De petites tailles en petites quantités pour éviter le risque de fausse route
  • Faciles à réchauffer pour être proposées à un autre moment selon l’envie de la personne

Attention à ne pas systématiser la pratique du manger-mains. La personne va elle-même choisir de manger avec ses couverts ou d’utiliser ses mains. Les couverts doivent rester à disposition pour ne pas encourager la régression. Les couverts peuvent être enlevés s’ils deviennent un élément perturbateur.

Intérêt du lait en poudre et du lait concentré lors du manger-mains

Atouts nutritionnels :

  • Aliments hautement nutritifs : protéines de haute valeur biologique, vitamines, minéraux
  • Biodisponibilité élevée des nutriments
  • Permet l’enrichissement des recettes en énergie et en protéines
  • Facile : dissolution instantanée dès 20 °C du lait en poudre
  • Ne modifie pas le goût et le volume
  • Aide à stimuler l’appétit (par l’amélioration visuelle et gustative des bouchées)
  • Lait en poudre : texture moelleuse et aérée, coloration dorée
  • Lait concentré sucré : plaisir du goût sucré

Autres atouts :

  • Lait en poudre permet une bonne tenue des bouchées (liant)
  • Longue conservation à température ambiante (avant ouverture)

Stockage optimal : faible encombrement

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